Le Château Logue : une page d'histoire
Le Château Logue, au début du siècle dernier.

La Corporation du Château Logue est fière de vous accueillir dans les murs de cette majestueuse demeure.

Ce bâtiment de style Second Empire a été construit en 1887 par Charles Logue, un immigrant irlandais, qui y logea sa famille. Réalisé en pierres de granit ciselées à la main, le Château Logue a été entièrement restauré en 1988 et les travaux n’ont pas altéré sa beauté originale.

Depuis le printemps 2000, ce joyau patrimonial de Maniwaki est côtoyé par un magnifique complexe hôtelier, le Château Logue Resort. Plus majestueux que jamais, le bâtiment patrimonial abrite des salles de travail, le Centre d’interprétation de l’historique de la protection de la forêt contre le feu ainsi qu’une salle d’exposition. Cette dernière, située au 2ième étage, a été aménagée en vue de recevoir des expositions variées d’oeuvres d’artistes et d’artisans de la région et d’ailleurs ainsi que les expositions itinérantes qui parcourent la province. Le Comité socio-culturel de Maniwaki et la corporation Le Château Logue y présentent plusieurs expositions annuellement.

Le «château» de Maniwaki

En 1887, fut construite, tout près de la rivière Gatineau, la résidence de Charles L. Logue (1846-1900), un commerçant prospère de Maniwaki. Cette résidence, par son style, ses dimensions imposantes et la nature des matériaux utilisés (pierres ciselées à la main), impressionna tant les premiers habitants de Maniwaki, ville fondée en 1851, que ceux-ci la surnommèrent le «Château Logue».

De style Second Empire, cette maison convient bien à Charles L. Logue, propriétaire d’un petit empire commercial dans le nord de la Gatineau. Le recensement fédéral de 1871 souligne d’ailleurs qu’il possédait à cette époque, le Château, trois entrepôts, une grange, quatre carrioles, une charrette, une embarcation, quatre chevaux, etc..., sans oublier quelques milliers de fourrures dont il faisait la traite avec les Amérindiens.

Les Algonquins étaient alors nombreux à graviter autour du poste de traite de la compagnie de la Baie d’Hudson, elle-même installée à courte distance du Château, au confluent des rivières Désert et Gatineau.

Charles L. Logue, aussi propriétaire d’un magasin général, était également actif dans les domaines de la coupe et de la vente du bois.

L'arrivée des Logue

Le début des années 1850 représente une période difficile pour l’Irlande appauvrie. La famine fait fuir sa population. Parti de Straban (Ulster), en compagnie de ses frères William, Patrick et James, Charles L. Logue s’embarque pour l’Amérique. C’est en cette terre généreuse qu’il trouve rapidement l’aisance et la richesse. La plus belle illustration de sa réussite fut sa demeure, son «Château».

Comprenant sous-sol, rez-de-chaussée, premier et second étage, cette maison était constituée d’une section à l’avant, réservée à la famille Logue (Charles fut d’abord marié à Elisabeth Farrel, puis à Annie-Marjorie Kennedy) et d’une section à l’arrière, pour les domestiques. À la mort de Charles L. Logue, en 1900, la résidence passa aux quatre enfants de sa seconde épouse: Charles-Edward qui en prit le contrôle effectif, ainsi que Marguerite, Mary et Kathleen.

Le premier maire de Maniwaki

Le seul enfant issu de la première union de Charles, John Patrick, qui devint le premier maire de Maniwaki en 1904, ne prit pas part à cette transaction. Charles-Edward, de son côté, suivit les traces de son père, tâta du commerce, brassa des affaires, fut maître de postes et policier. Lorsque le Château fut ravagé par un incendie, en 1923, il reconstruisit l’intérieur et le toit, détruits par le sinistre qui n’avait laissé que les fondations et les murs.

La Maison Nault

Mis en faillite par la grande crise, Charles-Edward vendit la résidence à ses soeurs en 1930, lesquelles, après quelques transactions, la cédèrent à Ernest Nault. Ainsi, le «Château» venait de passer aux mains d’une autre grande famille de la Gatineau, celle des Nault.

Fils du commerçant Jean-Baptiste Nault, Ernest (1895-1980) était l’aîné d’une famille de neuf enfants. Commerçant prospère et maire de Montcerf, il fait l’acquisition du «Château Logue» en mai 1933. Le Château sera alors connu sous le nom de «Maison Nault».

M. Ernest Nault réalise des rénovations importantes à la demeure qui a souffert de l’abandon durant trois années. Il fait alors appel aux services de M. Henri Ledoux et de ses fils, ébénistes reconnus dans toute la région pour leur expertise. À la fin d’août 1933, la maison est fin prête à accueillir Ernest Nault, sa femme Florence Moore, ainsi que leurs neuf enfants. Suivra ensuite la naissance de deux enfants pour compléter la famille.

L'homme d'affaires

M. Nault possède alors un magasin général à Montcerf, un magasin général situé près de la Maison Nault, un magasin général au centre-ville, de Maniwaki, sa demeure, une étable de l’autre côté de la rue pour les chevaux de ses clients, ainsi qu’une petite ferme à l’arrière de sa maison.

Ernest Nault a aussi joué un rôle dans sa communauté, étant à tour de rôle président de la commission scolaire, conseiller à la Ville de Maniwaki, après avoir été maire de Montcerf. Sa femme, de son côté, s’implique dans les activités de l’église, voit au bien-être de ses onze enfants et de son mari, accueille à bras ouverts de nombreux pensionnaires de l’extérieur et dirige quatre domestiques.

Le Château devient édifice à logements

Voyant ses enfants s’établir ailleurs, et sa demeure devenir trop grande pour lui et son épouse, Ernest Nault décide donc de quitter et de transformer la maison en plusieurs logements au cours des années 1960. Il aura été propriétaire de cette résidence durant 38 ans, puisqu’en 1971, la Société d’aménagement de l’Outaouais (SAO) procédait à l’expropriation du terrain et du bâtiment pour leur incorporation au Centre touristique de la Haute-Gatineau.

Six ans plus tard, la SAO annonçait officiellement qu'elle était prête à étudier des projets de rénovations et d’utilisation de ce bâtiment patrimonial alors en bien piteux état. La Château Logue/Maison Nault souffre alors de l’abandon et de l’oubli. Les vitres sont brisées, les murs sont craquelés, les débris s’amoncellent sur les planchers. La maison qui faisait autrefois l’orgueil de ses propriétaires tombe littéralement en ruines.

Vocation culturelle et touristique

Le Comité socio-culturel de Maniwaki, avec à sa tête Jeannine Thibault Logue, s’implique alors et commence un combat de dix années pour réaliser la rénovation et le sauvetage de ce monument. Après maintes aventures et mésaventures, il semblait de plus en plus certain que le Comité réussirait, avec l’appui de la Ville de Maniwaki et du ministère des Affaires culturelles du Québec, à concrétiser effectivement la renaissance et le retour à la vie de ce témoin du temps passé.

De fait, le Centre d’interprétation de l’historique de la protection de la forêt contre le feu s’est installé dans le Château Logue au printemps 1992.

La bibliothèque municipale y est demeurée pendant onze ans, avant d’être relocalisée au printemps 2000. Un nouveau complexe de villégiature s’est joint à ce monument historique, au printemps 2000, pour en faire une destination quatre saisons par excellence et un attrait touristique important pour la région.

 
 
 
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